Les Vins Blancs de France qui montent

Découvrez pourquoi les Français consomment de plus en plus de vins blancs, plus frais et plus digestes. Ils bénéficient d’une grande diversité de cépages dans les appellations françaises. Car si le chardonnay règne toujours en maître dans l’Hexagone, il n’est plus le seul à gagner la préférence des papilles.

Le blanc : Une couleur en croissance

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Le blanc pourrait être l’un des rares gagnants du réchauffement climatique, les consommateurs préférant des vins à déguster plus frais (entre 8 et 14°C en moyenne) quand les températures montent - Il faut d’ailleurs tenir compte du réchauffement rapide du liquide dans un verre, en particulier sur les terrasses ensoleillées. Aujourd’hui le blanc représente une bouteille sur cinq vendue en grande distribution. C’est même la seule couleur en hausse ces dernières années, surtout grâce aux IGP (en particulier ceux de Pays d’Oc) et aux vins de cépage. En restauration, il atteint 20 % de la consommation, à égalité avec les rosés et ne cesse de progresser, s’attirant les faveurs des plus jeunes générations.

Les vins blancs français sur le podium

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C’est en France (devant les Etats-Unis) que le chardonnay est le plus planté dans le monde. En Languedoc où il est majoritaire et bien sûr en Bourgogne et en Champagne. Egalement tendance, le sauvignon, toujours en Pays d’Oc et en forte croissance, mais également très présent historiquement en Bordelais et de plus en plus en Val de Loire.

Les Côtes-de-Gascogne si aromatiques, se démarquent par une proposition plutôt bi-cépages, notamment colombard-gros manseng mais également avec du sauvignon ou de l’ugni-blanc

Une grande diversité de cépages

On retrouve également, au palmarès des cépages blancs, le sémillon, 2e cépage majeur du Bordelais, le chenin blanc de Loire, le melon de Bourgogne du Muscadet puis le muscat à petits grains dans le Roussillon, le viognier et le grenache blanc en vallée du Rhône jusqu’en Languedoc, le rolle (qui pouvait s’appeler avant vermentino) en Provence et en Corse avant d’arriver sur les cépages alsaciens (riesling, gewurztraminer)… L’aligoté de Bourgogne qui a fait les beaux jours du kir et les mauvais de l’estomac après guerre tend à retrouver une jeunesse avec l’amélioration de sa qualité. Marsanne et roussanne, souvent associées, prospèrent en vallée du Rhône, principalement dans les appellations du Nord dont le mythique Hermitage, la marsanne s’étirant jusque dans le Sud, en particulier à Cassis. Certains cépages blancs gardent un périmètre très local, le petit manseng dans le Sud-Ouest du côté des Pyrénées, le savagnin dans le Jura, le chasselas en Savoie, la clairette à Bandol et à Die...

Des cépages rares ou oubliés réapparaissent pour satisfaire la curiosité des amateurs tels le loin de l’oeil à Gaillac, le bianco gentile en Corse, le pinot blanc en Champagne et en Alsace

Les appellations qui ont blanchi

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Se souvient-on que le Bordelais dans les années 50-70 était plus blanc que rouge ? Les vins blancs, réduits dans les années 2000 à quelques pour-cents, semblent regagner du terrain avec des progressions à deux chiffres, portés notamment par les vins de l’Entre-deux-Mers et de Bordeaux-Bordeaux supérieur bénéficiant de rapports qualité-prix imbattables à moins de 10 €.

En AOP, la Bourgogne a blanchi ces dernières décennies avec une production majoritaire de blancs. Parmi ses plus beaux fleurons, la famille des Montrachet, Corton Charlemagne, et plus accessibles les vins de Meursault, Chablis, Fixin.

Quelques appellations sont également largement dominées par les blancs comme l’Alsace, avec en tête le riesling, le Val de Loire, principalement avec le chenin travaillé en sec, liquoreux ou bulles, mais également le Muscadet avec son exclusif melon de Bourgogne, le Jura avec le tandem savagnin-chardonnay, la Savoie avec les locales jacquère, roussanne (bergeron), roussette (altesse) ou chasselas. Autres appellations exclusivement en blancs, les rhodaniennes Condrieu, Château Grillet (à base de viognier) et Saint-Péray, et la pyrénéenne Jurançon qui a inversé, lors de la dernière décennie, la proportion entre blancs secs et liquoreux pour privilégier les premiers. Les blancs bénéficient même d’un concours dédié, le Mondial des Vins blancs qui se tient chaque année à Strasbourg.

Quand et comment consommer le vin blanc ?

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Contrairement aux autres couleurs, la consommation de blancs est régulière toute l’année. Pas de pic saisonnier particulier même si la tendance depuis deux-trois ans semble être dopée l’été pour diversifier sur les terrasses la consommation de rosé, notamment dans le Sud de la France et en Corse. Autre constat, suite à une étude récente de Wine Intelligence, les jeunes consommateurs, Génération Z et Milléniaux (les moins de 40 ans), avoue clairement un penchant de leur palais pour le blanc, chardonnay et sauvignon en tête.

Si le blanc est toujours derrière le rouge en restauration, il est préféré aux rosés, accords mets-vins oblige. Il gagne du terrain en pouvant jouer gagnant de l’apéritif au plat (hors viande rouge) et même jusqu’aux fromages qui, rappellons le, appellent davantage le blanc dans la majorité des cas. Les plats gratinés, raclette et fondue savoyarde, se marient aussi avec le blanc. Sec, il sied parfaitement aux fruits de mer, aux crustacés, poissons grillés, bref tout ce qui sort de la mer; avec un peu d’élevage en bois, il accompagne les poissons en sauce, les viandes blanches, rôties ou à la crème, et même la charcuterie car il compense le gras au palais. Souvent plus léger et digeste, le blanc s’accommode également mieux aux repas végétariens, en plein développement, ou aux menus déstructurés.